Oui, l’Hydrostar se pose sur un carrelage ou une dalle béton existants. Mais dans les deux cas, c’est l’état du support qui décide : une résine collée sur un sol dégradé ne tiendra pas, quelle que soit la qualité du produit. Avant de commander quoi que ce soit, la seule question utile est : mon support est-il vraiment prêt ?
Ce que recouvre l’Hydrostar – et ce qu’il ne remplace pas
L’Hydrostar est un revêtement extérieur composé de gravillons de marbre liés par une résine polyuréthane translucide. Le mélange est appliqué en couche mince sur un support existant : il ne constitue pas une structure portante en lui-même. Autrement dit, si le sol en dessous bouge, fissure ou décolle, la résine suit.
Il convient aux plages de piscine, terrasses, allées piétonnes et accès garage. Il est distribué exclusivement par le réseau Daniel Moquet, qui regroupe 250 entrepreneurs en France. Une durée de vie de 15 à 20 ans est annoncée – chiffre déclaratif qui suppose une pose sur support sain et un entretien régulier.
Si votre projet sort de ces usages (sol intérieur, zone de stockage lourd, surface soumise à des charges répétées non prévues), arrêtez-vous là : ce n’est pas le bon produit.
Pose sur carrelage existant : trois conditions non négociables
- Chaque carreau doit être solidaire. Tapez sur chaque carreau avec un objet dur (un manche de tournevis suffit) : un son creux indique un carreau décollé, qu’on dit « sonneux ». Un carreau décollé sous la résine, c’est un point de départ pour un cloquage progressif. La dépose préalable des carreaux défaillants n’est pas une option, c’est une condition de tenue de l’ensemble. Si la surface à déposer est importante, évaluez si le carrelage existant vaut vraiment la peine d’être conservé comme base.
- Aucune fissure traversante. Une fissure qui traverse de part en part le carreau – et a fortiori le fond de forme – remontera dans la résine. Une micro-fissure superficielle peut se traiter ; une fissure structurelle ou une fissure de joint dilatation mal positionnée demande un diagnostic avant toute application.
- Nettoyage, dégraissage, primaire d’adhérence. La résine ne colle pas sur une surface grasse ou encrassée. Le protocole passe par un nettoyage soigné, un dégraissage complet, puis l’application d’un primaire d’adhérence adapté. Aucune de ces étapes n’est facultative : le primaire est ce qui fait le lien chimique entre le carrelage vitrifié et la résine polyuréthane.
Pose sur dalle béton : commencer par l’humidité et la pente
- Mesurer le taux d’humidité résiduelle. Un taux supérieur à 4 % dans la dalle compromet l’adhérence de la résine. Ce n’est pas une précaution de confort : c’est la cause d’échec la plus fréquente sur ce type de support. Le test se fait avec un hygromètre à pointe ou une mesure CM (carbure de calcium). Si la dalle est trop humide, deux options : attendre l’assèchement naturel (en veillant à ce que la dalle soit à l’abri des remontées capillaires) ou traiter avec un primaire stop-humidité adapté. Poser malgré tout au-dessus du seuil, c’est accepter un décollement à court terme.
- Vérifier la pente d’évacuation. La dalle doit évacuer l’eau de pluie. Une pente de 1 à 2 % est nécessaire : en dessous, des zones en creux retiennent l’eau en permanence et accélèrent la dégradation du revêtement. Si votre dalle est parfaitement horizontale ou présente des points bas, il faudra créer cette pente – soit par ragréage, soit en repensant l’implantation – avant toute pose.
- Assainir le support si nécessaire. Une dalle fissurée, friable ou présentant des épaufrures demande un traitement préalable (ragréage, pontage de fissures selon leur nature). La résine n’est pas un produit de réparation ; elle révèle les défauts plutôt qu’elle ne les cache.
Checklist : mon support est-il prêt pour l’Hydrostar ?
| Point de contrôle | Carrelage | Dalle béton |
|---|---|---|
| Aucun carreau sonneux | ✓ à vérifier | – |
| Absence de fissure traversante | ✓ à vérifier | ✓ à vérifier |
| Taux d’humidité résiduelle ≤ 4 % | – | ✓ à mesurer |
| Pente d’évacuation de 1 à 2 % | – | ✓ à vérifier |
| Support propre, dégraissé | ✓ à réaliser | ✓ à réaliser |
| Primaire d’adhérence prévu | ✓ obligatoire | ✓ selon état |
Ce que ça coûte selon le chemin choisi
Trois scénarios, trois niveaux de prix :
- Kit pose soi-même : 45 à 60 €/m² (selon les données du réseau Daniel Moquet). Réalisable à 2 ou 3 personnes sur une journée pour 40 à 60 m². Pas de garantie décennale.
- Artisan hors réseau Daniel Moquet : 70 à 100 €/m² constatés. Pas de garantie décennale non plus sur le produit Hydrostar, qui reste une exclusivité du réseau.
- Entrepreneur du réseau Daniel Moquet : à partir de 130 €/m², fourniture et pose incluses. C’est le seul circuit qui ouvre droit à la garantie décennale de 10 ans.
Ce que ces chiffres ne comprennent pas, c’est la préparation du support. Dépose de carreaux sonneux, ragréage, traitement d’humidité, création de pente : ces postes se facturent séparément et peuvent peser lourd sur les petites surfaces, où leur coût fixe se dilue moins. Sur un chantier de 20 m² avec une dalle à reprendre, la préparation peut dépasser le coût du revêtement lui-même. Demandez toujours un chiffrage séparé pour la préparation avant de valider votre budget.
La superficie joue aussi sur la faisabilité en DIY : au-delà de 60 m², l’application dans le délai ouvert de la résine devient plus difficile à maîtriser sans expérience.
Ce que le revêtement demande dans la durée
Un nettoyage deux à trois fois par an suffit selon les données disponibles. Aucun protocole détaillé (produits, matériel) n’est précisé par le fabricant dans les sources accessibles : à préciser directement auprès de l’entrepreneur lors de la commande ou de la pose.
La pose est recommandée d’avril à octobre. En dehors de cette période, les conditions de température et d’humidité peuvent compromettre la prise de la résine – concrètement, une pose en novembre par 5 °C sur une dalle froide et humide cumule plusieurs facteurs de risque. Si votre chantier est prévu hors fenêtre favorable, discutez-en avec l’entrepreneur avant de bloquer une date.
La durée de vie annoncée de 15 à 20 ans est conditionnée à deux choses : une pose sur support parfaitement préparé et cet entretien régulier. Un revêtement posé sur un support limite, même tenu propre, n’atteindra pas ces durées.
Prochaine étape selon votre diagnostic
Si votre support passe tous les points de la checklist sans réserve, vous pouvez contacter un entrepreneur du réseau Daniel Moquet pour un devis (en distinguant préparation et fourniture-pose) ou commander un kit si vous êtes à l’aise avec la pose en DIY sur une surface adaptée.
Si un doute subsiste sur l’humidité de la dalle, la stabilité de carreaux ou la planéité du sol, faites vérifier le support par un professionnel avant tout engagement. Une heure de diagnostic évite plusieurs milliers d’euros de reprise.